Il y a une différence entre être fatiguée…
et être vidée.
Je ne parle pas ici d’un manque de sommeil.
Je parle de ce moment où ton cerveau devient lourd. Où réfléchir demande un effort. Où même les choses que tu aimes semblent demander trop d’énergie.
La fatigue mentale peut s’infiltrer dans nos vies de manière presque imperceptible. Je souhaite partager mon expérience ainsi que de l’information dans l’espoir d’aider ceux qui se retrouvent dans une situation similaire.
Pendant longtemps, je pensais que cette fatigue mentale faisait simplement partie de moi. Que j’étais comme ça. Fatiguée. Toujours.
Lorsque j’ai consulté mon médecin de famille, c’est là qu’il m’a fait comprendre que je ne vivais pas simplement une période occupée. Je vivais avec de l’anxiété généralisée qui m’a menée jusqu’au Burnout.
La fatigue mentale n’est pas un état unique. Elle peut prendre plusieurs formes, avoir plusieurs racines. Pour certaines personnes, elle est liée à un stress chronique. Pour d’autres, à la dépression, à une surcharge cognitive, à des périodes de vie exigeantes ou même des états cliniques (ex : apnée du sommeil, maladies, etc.).
Bref, la fatigue mentale peut avoir mille visages, mais peu importe sa cause, une chose reste vraie :
ce n’est pas normal d’être toujours fatigué.
Ce n’est pas un trait de personnalité.
Ce n’est pas une fatalité.
Et ce n’est pas quelque chose qu’on devrait apprendre à tolérer en silence.
C’est souvent un signal.
Un indicateur que quelque chose, dans notre environnement ou/et dans notre corps, nous épuise.
Le début de la fatigue
Dans mon cas, cette fatigue s’est installée progressivement, jusqu’à devenir constante. Elle était liée à un épuisement professionnel, mais aussi à une anxiété déjà présente, amplifiée par mon environnement de travail. Une anxiété qui ne s’arrêtait jamais vraiment, même au repos.
Parce que c’est ça, aussi, qu’on oublie souvent : quand l’anxiété devient chronique, elle mobilise constamment notre énergie mentale. Elle maintient le cerveau en état d’alerte, alimente les pensées, les inquiétudes, les scénarios… et finit par épuiser.
Et à force de fonctionner comme ça, on ne se rend même plus compte à quel point on est fatigué.
Il y a quelques années (2016-2017, pour être précise), j’ai commencé à ressentir une fatigue qui ne semblait jamais disparaître. Mon travail exigeait une concentration intense et, en rentrant chez moi, je me trouvais incapable de déconnecter. Les soirées, autrefois dédiées à la détente, étaient désormais envahies par des pensées anxieuses.
En gros : je donnais beaucoup.
Mais je ne récupérais plus.
Comprendre ce que la fatigue mentale peut cacher
Avec le recul, j’ai réalisé que je mélangeais plusieurs choses sans vraiment pouvoir les distinguer.
Et c’est normal.
La fatigue mentale n’est pas toujours une expérience claire ou facile à définir. Elle peut être diffuse, changeante, et surtout… elle peut avoir plusieurs causes en même temps.
Dans certains cas, elle est liée à une surcharge cognitive. Trop de décisions, trop de responsabilités, trop de choses à gérer en même temps. Dans d’autres, elle s’installe dans un contexte de stress chronique, où le cerveau reste constamment en état d’alerte, sans jamais réellement récupérer.
Parfois, elle est aussi le reflet de quelque chose de plus profond.
Un épuisement professionnel, par exemple, peut s’installer progressivement lorsqu’un stress lié au travail devient constant et ingérable. Il ne s’agit pas seulement d’être fatigué : c’est une fatigue qui s’accompagne d’un épuisement émotionnel, d’une perte de motivation et d’une difficulté à fonctionner normalement .
Dans d’autres situations, l’anxiété joue un rôle important. Lorsqu’elle devient persistante, elle mobilise continuellement l’attention, les pensées et l’énergie mentale, ce qui peut mener à une fatigue constante, même en l’absence d’effort physique.
Il faut aussi prendre en compte que la maladie et certains états cliniques peuvent créer de la fatigue.
Et parfois, ce n’est pas une seule cause.
C’était mon cas.
Ma fatigue mentale n’était pas seulement liée à mon travail, ni seulement à mon anxiété, ni seulement au manque de soutien que j’ai ressenti par moments. C’était un mélange de plusieurs facteurs, qui se sont accumulés jusqu’à devenir trop lourds.
C’est aussi ce qui rend la fatigue mentale si difficile à reconnaître.
Elle ne rentre pas toujours dans une case claire.
Elle ne porte pas toujours un nom précis.
Et elle ne s’explique pas toujours facilement.
Mais ça ne la rend pas moins réelle.
Prendre conscience et agir
Reconnaître que l’on vit de la fatigue mentale est souvent présenté comme « la première étape ». Mais en réalité, ce n’est pas toujours aussi simple.
Quand on est constamment fatigué, que cet état devient notre normalité, il peut être extrêmement difficile de mettre des mots sur ce que l’on vit. On s’adapte. On minimise. On continue, malgré tout.
Dans mon cas, j’étais trop épuisée pour vraiment comprendre ce qui se passait. C’est finalement ma meilleure amie qui m’a poussée à aller voir mon médecin de famille, qui a reconnu certains signes et m’a soutenue avec un arrêt de travail ainsi qu’une médication pour atténuer certains symptômes.
Sauf qu’au-delà des diagnostics, une chose mérite d’être répétée, surtout si tu lis ceci en te reconnaissant :
ce n’est pas normal d’être toujours fatigué.
Même si c’est flou.
Même si tu n’arrives pas encore à expliquer pourquoi.
Même si personne ne t’a encore donné de réponse claire.
Cette fatigue est réelle. Et elle mérite d’être comprise, et accompagnée.
Mais au-delà de cette première aide, je me suis vite rendu compte que j’allais devoir chercher ailleurs pour mieux comprendre et gérer ce que je vivais.
Et c’est là que les choses se compliquent.
Le manque de soutien professionnel
Se retrouver seule à chercher des réponses, sans toujours savoir vers qui se tourner, peut rapidement devenir décourageant. Cette incertitude alimente souvent un sentiment de détresse, voire de désespoir. D’ailleurs, selon l’Association canadienne pour la santé mentale, près de 60% des personnes vivant une détresse psychologique rapportent que l’accès limité à des services spécialisés en santé mentale constitue un obstacle important à leur rétablissement.
Ça a été mon cas, moi aussi.

L’importance des recherches personnelles
Ne trouvant pas l’aide dont j’avais besoin, j’ai dû me tourner vers des recherches personnelles extensives sur Internet. C’est grâce à cela que j’ai pu découvrir des stratégies et des ressources qui m’ont énormément aidé à surmonter ma fatigue mentale et mon anxiété chronique.
Si je n’avais pas eu accès à ces informations en ligne, je n’aurais probablement pas pu aller mieux aussi rapidement. Des ressources comme l’application Headspace ou les pratiques de pleine conscience guidées sont de plus en plus reconnues pour leur efficacité en gestion du stress.
Cela dit, l’accès massif à l’information en ligne comporte aussi un risque important : celui de la mésinformation. Les contenus liés à la santé mentale circulent abondamment sur les blogues, les réseaux sociaux et les forums, mais ils ne reposent pas toujours sur des données scientifiques solides. Il est donc essentiel de développer un regard critique face aux sources consultées.
Quelques stratégies simples peuvent aider :
- Privilégier les sites d’organismes reconnus (universités, institutions publiques de santé, organismes à but non lucratif);
- vérifier si les articles citent des études scientifiques ou des experts identifiables;
- consulter la date de publication pour s’assurer que l’information est à jour;
- et croiser les informations avec plusieurs sources fiables.
Les stratégies de gestion que j’ai trouvées
- Setting limits : J’ai appris à dire non et à établir des limites claires entre ma vie professionnelle et personnelle.
- Practicing mindfulness: : La méditation et les exercices de respiration m’ont aidé à rester ancrée dans le moment présent. Une étude publiée dans JAMA Internal Medicine a démontré que la méditation de pleine conscience réduit de 30% les symptômes de stress.
- Adopter un mode de vie sain : Une alimentation équilibrée, de l’exercice régulier, et un sommeil de qualité sont essentiels pour maintenir une bonne santé mentale.
- Seeking Support : Parler à des amis, à la famille, et rejoindre des groupes de soutien m’ont permis de ne pas me sentir seule dans cette épreuve.
Chercher du soutien autrement
Quand l’accès aux professionnels est limité, cela ne signifie pas que les options s’arrêtent là. Cela signifie qu’il faut parfois élargir la définition de ce qu’est le soutien.
Explorer les organismes communautaires et les centres universitaires
Les organismes communautaires en santé mentale offrent souvent :
- des groupes de soutien gratuits ou à faible coût,
- des ateliers psychoéducatifs,
- des lignes d’écoute,
- des ressources d’aiguillage personnalisées.
Ces espaces ne remplacent pas toujours une psychothérapie individuelle, mais ils brisent l’isolement et offrent un cadre sécuritaire pour comprendre ce que l’on vit.
Les centres universitaires, quant à eux, proposent parfois :
- des cliniques-écoles en psychologie ou en travail social,
- des consultations à tarif réduit,
- des programmes supervisés par des professionnels expérimentés.
Pour quelqu’un de fatigué psychologiquement, avoir accès à un espace structuré où l’on peut nommer ce que l’on vit peut déjà diminuer le sentiment de chaos interne.
Essayer et pratiquer des méthodes psychologiquement éprouvées
Quand j’ai commencé à faire mes propres recherches, j’ai appris une chose importante : toutes les stratégies ne se valent pas.
Certaines approches sont solidement documentées en psychologie :
- Mindfulness, dont les effets sur la réduction du stress et de l’anxiété ont été démontrés dans une méta-analyse publiée dans JAMA Internal Medicine (Goyal et al., 2014).
- Les techniques cognitivo-comportementales (TCC), reconnues pour leur efficacité dans la gestion de l’anxiété et des pensées envahissantes.
- L’auto-compassion, étudiée par Kristin Neff, qui favorise une meilleure régulation émotionnelle et réduit l’autocritique excessive.
- Les stratégies de récupération psychologique, comme la déconnexion mentale du travail et les micro-pauses, documentées dans la littérature en psychologie organisationnelle.
Mais voici le point crucial : lire sur ces méthodes ne suffit pas.
La régularité transforme une information en compétence.
Pratiquer 5 minutes de respiration chaque jour.
Noter ses pensées automatiques.
Planifier consciemment des moments de récupération.
Ce sont de petites actions, répétées, qui reconstituent progressivement les ressources mentales.
Conclusion ou « Ce que j’aurais aimé qu’on me dise."
La fatigue mentale n’est pas un échec.
Elle est un signal.
Elle ne disparaît pas avec plus de volonté.
Elle nécessite récupération et ajustements.
En partageant mon parcours, j’espère offrir de l’espoir et des repères concrets à ceux qui traversent une période similaire.
Vous n’êtes pas seul.
Et si l’accès aux professionnels est difficile, sachez que My Web Hub existe précisément pour combler cet écart. Nos outils sont gratuits, conçus par des professionnels en santé mentale et accessibles en tout temps.
Parce que parfois, la première étape vers le mieux-être, c’est simplement d’avoir accès à la bonne information au bon moment.
Si vous avez des questions supplémentaires ou souhaitez approfondir certains points, contactez-nous here or visit our Q&A.
Sources et outils à explorer
- Cultivating mindfulness: the path to well-being
- Mindfulness without meditation: a guide for skeptics
- Managing everyday stress: practical strategies
- How meditation can help improve your mental health
- 5 steps to managing stress and cultivating mental health
- Restoring balance: 5 ways to respect your limits after a burnout
- Tout les outils de la campagne « Reconnect .
Bibliographie
American Medical Association. (2014). Meditation programs for psychological stress and well-being: A systematic review and meta-analysis. JAMA Internal Medicine, 174(3), 357–368. https://doi.org/10.1001/jamainternmed.2013.13018
Bakker, A. B., & Demerouti, E. (2007). The Job Demands–Resources model: State of the art. Journal of Managerial Psychology, 22(3), 309–328. https://doi.org/10.1108/02683940710733115
Hobfoll, S. E. (1989). Conservation of resources: A new attempt at conceptualizing stress. American Psychologist, 44(3), 513–524. https://doi.org/10.1037/0003-066X.44.3.513
Maslach, C., & Leiter, M. P. (2016). Understanding the burnout experience: Recent research and its implications for psychiatry. World Psychiatry, 15(2), 103–111. https://doi.org/10.1002/wps.20311
Neff, K. D. (2003). Self-compassion: An alternative conceptualization of a healthy attitude toward oneself. Self and Identity, 2(2), 85–101. https://doi.org/10.1080/15298860309032
Organisation mondiale de la Santé. (2019). Burn-out an occupational phenomenon: International Classification of Diseases 11th Revision (ICD-11). https://www.who.int
Statistique Canada. (2018). Stress au travail chez les Canadiens. Gouvernement du Canada. https://www.statcan.gc.ca
Association canadienne pour la santé mentale (ACSM). (2021). Accès aux services de santé mentale au Canada. https://cmha.ca

