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Les notes sont une arnaque, alors que faire ?

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Tout d’abord, j’ai obtenu autant de A+ que de C-, en passant par quelques F. Pourtant, avec du recul, je peux vous assurer que les fois où j’ai le plus appris, mes notes étaient dans les C- (ou même moins «bons«). Comble de l’ironie ? J’ai eu la chance de commencer un cours de sociologie de l’éducation à l’Université de Montréal… que je n’ai jamais terminé car il était en plein milieu de la grève étudiante de 2012.

En fin de compte, il s’agit de mettre en lumière les défis du système actuel et d’encourager une réflexion sur les alternatives possibles pour promouvoir un apprentissage plus authentique et épanouissant autant à l’école qu’au travail.

Pourquoi les notes sont une arnaque ?

Les systèmes de notes sont le résultat d’une volonté d’atteindre facilement et rapidement trois objectifs :

  1. Mesurer l’apprentissage.
  2. Communiquer l’apprentissage.
  3. Motiver.

Qu’est-ce que ça donne finalement ? En réalité, mesurer l’apprentissage à l’aide d’une note ou d’un pourcentage est complètement en échec (jeu de mot volontaire). Soyons honnêtes, nous finissons tous par identifier les cours et les enseignants qui sont les plus faciles à obtenir des «bonnes notes«. Et ce n’est qu’un début.

On peut facilement se poser des questions pertinentes telles que : « Que signifie un B ? Est-ce parce que j’ai compris une bonne partie, mais que je dois faire des progrès pour tout comprendre ? Ou est-ce parce que j’ai fait trop de fautes d’orthographe ? Ou parce que j’ai été en retard trop souvent ? Ou parce que j’ai parfaitement compris mais que ce jour-là je n’étais pas à mon meilleur ? ». Toutes ces réponses sont possibles. Je n’entrerai même pas dans le débat de la différence entre «comprendre» et «retenir par cœur«.

La motivation est en théorie alimentée par le désir d’obtenir une bonne note, mais dans la pratique, il y a aussi la peur d’avoir une mauvaise note. Après tout, ces notes vont être communiquées oui, et pas seulement à nos parents, mais aussi à d’autres écoles et à des employeurs. Alors comment obtenir de bonnes notes ?

En faisant ce qui est attendu de la personne qui décide de ces notes, en prenant le moins de risques possible, en faisant ce que l’on nous dit aussi rapidement et efficacement que possible, en apprenant à se taire. Après tout, être dérangeant en classe n’est qu’un moyen parmi d’autres d’obtenir de moins bonnes notes, d’être exclu des «récompenses«, etc.

Pourtant, c’est en se lançant des défis, et même en échouant, que l’on apprend le plus. Je vais être encore plus défaitiste que cela : une fois que vous avez atteint le A, pourquoi essayer de faire mieux ? Pourquoi même se demander s’il est possible de faire autrement ? Une note, ça devient la façon de punir tout ce qui permet les plus grands apprentissages. Ce n’est pas une source de fierté ou de motivation, c’est à la fois une promesse et une menace pour un avenir meilleur, c’est une carotte et un bâton, c’est un pistolet sur votre tempe.

La motivation

Il existe deux types de motivation : la motivation intrinsèque et la motivation extrinsèque. La différence est que la première vient de soi-même et que la deuxième vient de l’extérieur. Selon vous, laquelle est la plus efficace ? Laquelle est utilisée dans un système de notation ?

Nous croyons souvent connaître la motivation d’une manière qui encourage à se contenter de résultats moindres parce que c’est plus facile que de fournir plus d’efforts ou de se remettre en question. La croyance populaire des récompenses en est un excellent exemple. Il est instinctif de croire que de simples récompenses suffisent pour tout le monde et dans toutes les situations. Il s’agit d’un phénomène plus scientifiquement connu sous le nom d’abstraction sélective, qui consiste à tirer des conclusions sans tenir compte de tous les éléments, ou plus simplement à «tirer des conclusions hâtives«.

Le problème est que de simples récompenses pour «avoir réussi» transforment un environnement d’apprentissage en une usine de conditionnement. Il y a une énorme différence entre faire quelque chose pour une récompense et le faire parce que vous voulez vraiment le faire.

Pour mieux illustrer, imaginez une autre situation : « Je te donne 5 dollars si tu manges ce sandwich ». Les récompenses mal utilisées ont le même effet : elles soulignent le fait que la tâche ne vaut pas la peine d’être accomplie et qu’il faut être compensé. De plus, dans ces situations, la tâche est complètement oubliée et l’accent est mis sur la récompense.

Ce n’est pas tout : une fois que nous sommes habitués aux récompenses, surtout pour quelque chose qui perd sa valeur autrement, nous en avons de plus en plus besoin jusqu’à ce que nous ne puissions plus rien faire sans elles. La récompense devient nécessaire pour faire la même chose et ne fait qu’augmenter avec la répétition.

Je profite de l’occasion pour dire que je ne blâme personne de se concentrer sur ses objectifs. Dans ces situations, je suis le premier à me dire « Je veux avoir de bonnes notes et ensuite trouver un bon emploi ». Remarquez que dans ce type de phrases, on ne parle jamais d’apprentissage. Lorsque j’ai terminé l’université, j’ai commencé à me concentrer sur l’apprentissage.

Une raison de plus pour laquelle les motivations extrinsèques ne fonctionnent pas aussi efficacement que les motivations intrinsèques est simplement que le contrôle ne vient pas de soi-même. Quelque chose que vous faites pour quelqu’un d’autre ou par une intervention extérieure ne peut jamais être une solution définitive. Les seules véritables solutions viennent de soi. Cela est aussi vrai dans l’apprentissage que dans la résolution de problèmes, la croissance et la thérapie.

Par contre, les motivations intrinsèques sont géniales pour une chose : le contrôle sur les autres. Je m’éloigne un peu du sujet, mais si dans votre vie vous sentez que vous n’êtes pas en contrôle, voilà pourquoi. Parfois, nous préférons laisser le contrôle et la responsabilité entre les mains de quelqu’un d’autre, et dans ces cas-là, c’est comme ça que ça se passe.

Les notes sont une arnaque, alors que faire ?

Quoi faire dans les écoles ?

Sans vouloir complètement négliger les récompenses, car elles ont leur place, mais elles sont tout simplement surutilisées, comme un enfant qui prendrait à l’extrême le conseil «santé» de manger des brocolis jusqu’à s’en rendre malade. La surutilisation des récompenses dans tous les aspects de notre vie nous fait croire que nous n’avons que si peu d’options.

Heureusement, les solutions possibles ne consistent pas à ne rien faire et à laisser les gens réussir ou échouer par eux-mêmes. Comme nous l’avons déjà mentionné, les solutions les plus efficaces viennent de soi-même, ce qui signifie qu’une personne qui veut apprendre réussira. Qui peut mieux accompagner une personne qui veut apprendre qu’une autre personne qui veut apprendre ?

Dans l’état de nos écoles, l’objectif qui a motivé leurs systèmes est le contrôle social pour créer des personnes qui ne laissent pas trop leur imagination et leur créativité leur monter à la tête.

Si ce que nous voulons (si, à chacun de voir ce que vous voulez) c’est apprendre à penser, à questionner et à avancer sans avoir peur des échecs qui nous permettent d’atteindre nos plus hauts potentiels, nous devons nous en donner la chance, ce qui signifie passer des récompenses extrinsèques qui représentent le contrôle aux récompenses intrinsèques qui représentent la liberté de devenir ce que nous voulons en nous en donnant les moyens plutôt qu’en attendant l’approbation de quelqu’un d’autre.

L’apprentissage se fait par la découverte. Lorsque l’information est acquise par l’intervention de quelqu’un d’autre, ce n’est pas de l’apprentissage, c’est du transfert de connaissances. Le transfert de connaissances est important surtout pour conserver les informations accumulées par l’apprentissage, mais il a ses limites très importantes, notamment que la quantité et la vitesse de transmission sont limitées. C’est pourquoi les livres sont utilisés pour la la conservation des connaissances.

Comment appliquer la découverte dans une école ? Nous devons passer de la transmission et de l’évaluation constante à trois éléments : 

  1. la collaboration.
  2. le contenu.
  3. le choix. 

La collaboration est la façon dont la plupart des gens vont devoir utiliser la connaisance dans leur vie autant professionnelle que personnelle. Le contenu est l’élément avec lequel nous avons le plus d’avantages depuis les améliorations technologiques. Nous n’avons plus d’excuse. Nous pouvons facilement créer des «memes» pour rendre le contenu plus intéressant et, surtout, faire réfléchir les gens. Un contenu intéressant, interactif et pertinent basé sur la vie des apprenants peut être créé plus rapidement et efficacement que jamais.

Connaissez-vous le terme gamification ou ludification ? Un exemple simple : utilisez Minecraft, un jeu de construction avec des blocs extrêmement populaire auprès des enfants et des adultes, pour apprendre les dimensions, la géométrie, la programmation, la gestion, le design, etc.

Il n’y a qu’une seule façon de s’engager avec le contenu : avoir de bonnes raisons, pour qu’il soit clair que le contenu est pertinent et utile. Récompense (oui, l’ironie est intentionnelle) pour avoir lu jusqu’ici : je vais définitivement écrire un article sur le sujet avec de l’aide pertinente !

Le tout peut sembler effrayant et difficile, mais c’est le défi que représente l’enseignement, de trouver des façons d’apprendre. Le troisième élément pour parvenir à un apprentissage optimal est le plus difficile. «Permettre de choisir» ne permet pas autant de planifier d’avance les évaluations et de les répéter le plus simplement possible.

La partie la plus stressante du métier d’enseignant est l’idée de perdre le contrôle. Pourtant, avec des méthodes intelligentes, il existe des moyens de garder un contrôle positif et organisé. Choisir ne signifie pas choisir n’importe quoi sans raison. Les élèves peuvent être amenés à choisir la manière d’être évalués en défendant leur point de vue, par exemple en mentionnant que pour eux, réaliser une vidéo plutôt qu’un travail écrit leur permet d’explorer quelque chose de nouveau et de pertinent. Créer des objectifs et des moyens de les atteindre serait un apprentissage majeur et important.

Voici quelques phrases typiques et les réponses associées.

  1. « Mais si je n’utilise pas les notes pour forcer la présence aux cours, les étudiants ne viendront pas en classe ! »

    Si c’est vraiment le cas, cela signifie que le cours n’est pas assez intéressant et/ou engageant. L’objectif devrait être de rendre le cours intéressant. Si, en tant que professeur, vous êtes forcé à ne pas le faire, alors l’école a un problème encore plus grand et l’institution entière ne vaut pas la peine qu’on s’y attarde. Si le budget est un problème, alors, tout comme une entreprise, si elle n’est pas viable, elle ne devrait pas continuer.

  2. « Mais comment les élèves et les parents vont-ils savoir comment ils progressent en classe ? »

    L’objectif ne serait pas de simplement supprimer les notes et de ne rien changer d’autre. Nous devons les remplacer par quelque chose de représentatif, de réel et d’utile. Par exemple, nous pouvons utiliser le feedback, les réunions, l’implication des élèves dans le processus pour également clarifier où ils pensent être et pourquoi.

    Nous pouvons également inclure des informations telles que les difficultés rencontrées, les solutions possibles, etc. Oui, cela prend plus de temps, mais nous en sortons tous gagnants et ces questions sont posées par tous ceux qui sont intéressés. Les notes n’évitent pas ces questions et elles n’y répondent pas.
  3. « Mais si je ne donne pas de notes à mes élèves, ils ne seront pas acceptés dans d’autres écoles ! »

    Qu’est-ce qui est le plus convaincant, selon vous, entre une liste de lettres ou de chiffres et une lettre de recommandation personnalisée ?
  4. « Un système de genre ne serait-il pas plus influencé par les préjugés des enseignants ? »

    Non. Pas plus que les notes qui sont finalement arbitraires. L’enseignant serait un guide plutôt qu’un juge.

Quoi faire au travail ?

Une autre croyance populaire veut que si les gens n’étaient pas payés pour travailler, beaucoup trop ne le feraient pas. Pourtant, nous faisons tous beaucoup de choses sans être payés, qu’il s’agisse d’un hobby, de projets personnels, etc. Pourquoi ? Parce que cela nous intéresse, parce que c’est utile. Alors pourquoi le travail ne devrait-il pas être intéressant et utile ? C’est sans compter qu’en réalité, personne ne veut vraiment «rien faire«.

Je me souviens de la première fois que j’ai profité de deux semaines de vacances pures, sans personne pour me demander quoi que ce soit, sans rien à faire, absolument rien. Je me souviens de l’horreur de découvrir que la télévision ne faisait que répéter les mêmes choses plusieurs fois par jour et m’ennuyait très vite.

Il n’y a pas de mauvais travail, mais il y a de mauvais environnements de travail, de mauvaises conditions de travail, de mauvaises entreprises pour lesquelles travailler. Vous avez probablement déjà eu cette discussion avec quelqu’un où vous dites « Wash, je ne ferais jamais ce travail que vous faites même si j’étais très bien payé ! » et où votre interlocuteur vous répond « je le ferais même gratuitement ! ».

Je dois absolument citer la vidéo qui a inspiré cet article : « Foods that don’t contribute enough vitamins are junk food. Jobs that don’t contribute enough money to live are junk jobs! ».

En traduction libre, ce serait « Les aliments qui n’apportent pas assez de vitamines sont de la «malbouffe», ou nourriture de mauvaise qualité. Un emploi qui ne fournit pas assez d’argent pour vivre est un emploi de mauvaise qualité ! ».

Pour ceux qui ne sont pas habitués à l’anglais, le terme junk de junk food est beaucoup plus péjoratif (négatif, dépréciatif, intentionnellement méchant) que de mauvaise qualité. Junk signifie ferraille ou ordure, donc le terme junk food consiste à manger des ordures, donc travailler dans un endroit équivalent serait travailler pour une entreprise de décombres.

Malheureusement, il y a aussi des gens qui font un travail qui ne leur convient pas. À cela, je n’ai qu’un seul conseil : faire un travail que vous détestez est à la fois une insulte et un mauvais service pour vous-même et pour l’entreprise pour laquelle vous travaillez, car non seulement vous créerez des résultats moins intéressants que ce que vous pouvez faire, mais vous rendrez également difficile pour l’entreprise de déterminer ce qu’elle peut améliorer.

Conclusion

En créant notre propre organisme, nous voulions optimiser nos méthodes, nos horaires et éviter de tomber dans des pièges facilement appris à l’école et même sur le lieu de travail. Ce n’est pas non plus que nous croyons que ceux qui ne font pas comme nous ont tord ou que nous avons la solution miracle. Je pense simplement qu’il est important de mentionner ce qui semble être un problème mais aussi d’apporter des solutions. Pour nous, c’est de prendre en charge notre quotidien à notre manière.

Voici la vidéo qui a inspiré cet article.

Nous vous encourageons à essayer ces astuces et à nous faire part de vos résultats dans les commentaires ci-dessous. Si vous avez des questions, contactez-nous juste ici ou consultez notre foire aux questions.

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